Quelle est la source de notre bonheur ?

En ces temps de pandémie, il est facile de comprendre que les gens se sentent moins heureux. Notre bonheur trouve sa source dans nos relations sociales, et celles-ci sont grandement affectées par les mesures sanitaires.


Lors du dernier sondage mené par la firme de sondage Gallup sur l’état du bonheur dans le monde, le Canada se classait au 13e rang parmi 143 pays.


Nous ne discuterons pas de la méthodologie de ce sondage, mais soulignons qu’il recense les émotions positives et négatives ressenties par les répondants dans les jours précédant le sondage.


Qu’en est-il cependant du bonheur à long terme? Qu’est-ce qui y contribue ? Daniel Gilbert, auteur du livre Stumbling on Happiness, propose une réponse.


Selon lui, nous vivons tous un certain degré de bonheur, malgré les bonnes ou les mauvaises expériences vécues. Les humains étant doués d’une grande capacité d’adaptation, ils sont susceptibles d’atteindre un niveau général de bonheur, indépendamment des événements qui surviennent dans leur vie. Le sentiment de bonheur ne serait donc pas lié au statut économique ou au plus récent gadget électronique que l’on peut s’acheter, comme le iPhone 12 ou un vélo haute performance. Dépassé le seuil où nos besoins matériels de base sont comblés, notre niveau économique n’a plus d’impact sur notre bonheur.


Gilbert croit qu’il faut être plus sceptiques lorsque nous considérons les causes du bonheur, une grande partie de ce que nous pensons savoir sur celui-ci étant faux. Dans This Emotional Life, un documentaire diffusé à PBS, il rapporte trois découvertes clés de la science du bonheur :


1. Nous ne pouvons pas être heureux seuls.

2. Nous ne pouvons pas être heureux tout le temps.

3. Nous pouvons être plus heureux que nous le sommes actuellement.


Il nous rappelle ainsi que les êtres humains sont des animaux sociaux : ils doivent socialiser. Une des principales raisons pour lesquelles nos cerveaux ont évolué de la manière dont ils ont évolué est d’ailleurs que nous pouvons entretenir des relations. Le plus grand prédicteur du bonheur est par conséquent l’étendue de nos relations sociales.


« Les gens sans amis ne sont pas heureux. »


Il n’est toutefois pas réaliste ni souhaitable d’être heureux tout le temps. Une personne qui vivrait dans un état permanent de bonheur témoignerait d’une irrationalité épistémique, c’est-à-dire que ces croyances ne tiendraient clairement pas compte de toutes les preuves qu’offre la réalité.


Avoir des émotions négatives est naturel. Lorsqu’on considère ces émotions potentiellement dommageables, l’important est d’apprendre à les réguler et de reconnaître qu’elles ne sont que passagères, qu’il est toujours possible de retrouver un état de bonheur égal à celui que nous avons connu, ou même de parvenir à un état plus satisfaisant.


Quels conseils les gens heureux peuvent-ils nous donner ?


Renforcez vos relations avec vos proches


Le choix le plus important qu’on puisse faire en ce qui a trait à son bonheur personnel est d’investir dans sa relation la plus intime, qu’il s’agisse de celle avec son (sa) conjoint(e), un(e) partenaire, un parent, un frère ou une sœur, ou encore un(e) ami(e). C’est ce que confirment 75 % des personnes très satisfaites de leur vie en accordant une importance de premier ordre à leur succès dans leurs relations intimes.


Prenez soin de vous


Un autre facteur qui contribue au bonheur individuel est la santé, physique et mentale. Difficile, en effet, de s’imaginer heureux tout en étant malade! Nous savons tous que faire de l’exercice physique est nécessaire à la santé du corps et de l’esprit, puisque cela nous permet de nous sentir bien. C’est sans doute pourquoi 78 % des personnes qui se disent très heureuses ont déclaré faire de l’exercice au moins trois fois par semaine.



En résumé, les individus qui cultivent leur bonheur font le choix d’être heureux en renforçant leurs relations avec leurs proches et en prenant en main toutes les dimensions de leur santé (pas seulement leur santé financière...).

En tant que leader dans votre milieu professionnel, vous pouvez contribuer au bonheur de votre équipe en vous concentrant davantage sur qui sont les individus qui la composent plutôt que sur ce qu’ils font, et en investissant à la fois dans vos relations avec eux et dans leur bien-être physique et émotionnel au travail.


L’ÉTUDE DE GRANT


L’Université de Harvard a elle aussi publié une étude qui révèle que ce qui explique notre bonheur est étroitement lié à nos relations sociales. The Grant Study tire une série de conclusions fondées sur plus de 75 ans de recherche et fait le constat suivant : notre bonheur est étroitement lié à la qualité des relations que nous avons entretenues avec nos parents durant notre enfance.


Cette étude avait pour but d’identifier les prédicteurs d’un vieillissement en bonne santé et s’inscrivait plus largement dans une recherche sur le développement des adultes menée à la Harvard Medical School. Elle a été effectuée en tandem avec une autre étude, The Glueck Study, qui comprenait une cohorte de 456 jeunes défavorisés non délinquants du centre-ville ayant grandi dans les quartiers de Boston entre 1940 et 1945.


Dans l’étude de Grant, les sujets étaient tous de sexe masculin et de nationalité américaine. Ils continuent à être étudiés à ce jour. Les hommes ont été évalués au moins tous les deux ans au moyen de questionnaires, d’informations de leur médecin et, dans de nombreux cas, d’entretiens personnels. Des informations ont été recueillies sur leur santé mentale et physique, leur réussite ou échec dans leur carrière, leur expérience de la retraite et leur vie conjugale.


En voici les principales conclusions :


Le caractère « chaleureux » des relations entre une mère et son enfant a de nombreuses conséquences à l’âge adulte :


1. Les hommes qui avaient eu des relations « chaleureuses » avec leur mère pendant leur enfance gagnaient en moyenne 87 000 $ de plus par année que les hommes dont la mère avait été indifférente à leur égard.


2. Les hommes qui avaient eu de mauvaises relations avec leur mère pendant leur enfance étaient beaucoup plus susceptibles de développer une forme de démence lorsqu’ils étaient vieux.


3. Les relations entretenues par les hommes avec leur mère pendant leur enfance étaient associées à leur efficacité au travail vers la fin de leur vie professionnelle.


Le caractère chaleureux des relations entre un père et son enfant était plutôt en corrélation avec :

· une baisse du taux d’anxiété à l’âge adulte;

· plus de plaisir lors des vacances;

· une augmentation de la « satisfaction à l’égard de la vie » à l’âge de 75 ans.


D’autre part, le succès financier des individus dépendait plus, au-delà d’un certain niveau, de la nature de leurs relations avec leurs parents que de leur intelligence.Ceux qui ont obtenu le score le plus élevé aux mesures des « relations chaleureuses » gagnaient en moyenne 141 000 $ de plus par an à leur salaire maximal (généralement entre 55 et 60 ans).Il n’y avait aucune différence significative entre le revenu maximal gagné par les hommes avec un QI compris entre 110 et 115 et celui des hommes avec un QI supérieur à 150.


Par ailleurs, il a été observé que l’alcoolisme, auquel prédisposait de mauvaises relations avec leurs parents dans l’enfance, était un trouble grandement destructeur qui nuisait à la fois à la qualité des relations sociales et à la santé des individus concernés.


1. L’alcoolisme était la principale cause de divorce entre les hommes de l’étude de Grant et leurs épouses.


2. Il était fortement corrélé à la névrose et à la dépression, qui ont tendance à suivre l’abus d’alcool plutôt qu’à le précéder.


3. Combiné au tabagisme, il était le plus grand contributeur à la morbidité précoce et au décès des sujets de l’étude.


Ce que nous apprend en somme l’étude de Grant, c’est que l’aptitude au bonheur est en partie déterminée par la qualité de nos relations familiales pendant la petite enfance. La façon dont nous entretenons nos relations avec les autres et dont nous prenons soin de nous-mêmes à l’âge adulte peut être grandement influencée par cette première phase de notre vie, dont les expériences ont contribué à façonner qui nous sommes.


D’où l’importance de faire le choix d’être heureux en opérant certains changements dans sa vie, comme le suggère la première partie de cet article.



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