L'intelligence artificielle : au service des ressources humaines ?

Au cours des prochaines années, la recherche des meilleurs talents dépendra de la capacité du recruteur à automatiser intelligemment son flux de travail.


Actuellement, la majorité des processus de recrutement sont effectués principalement par des recruteurs. Leur travail consiste bien sûr à parcourir les CV reçus pour ne retenir que les meilleures candidatures, avec qui ils établiront un contact dans le but de conduire divers entretiens (O’Donovan, 2019). Cette tâche peut toutefois facilement devenir laborieuse sans l’aide de l’informatique. C’est pourquoi de nombreux recruteurs recourent à des logiciels de gestion de candidatures.


Mais le dépistage des meilleurs talents est aujourd’hui compliqué par l’ajout de nouvelles sources de candidatures potentielles : il inclut maintenant aussi la consultation de profils en ligne, de bases de données de talents internes et externes, et la recherche sur des sites Web qui ne cessent de se multiplier. L’analyse de cet océan de données provenant de sources multiples gagne dorénavant à être déléguée à un système d’intelligence artificielle, afin de gagner du temps.


Grâce aux possibilités qu’offre un tel système, les candidats peuvent en outre interagir avec une entité dotée d’une intelligence artificielle pour soumettre leur CV, répondre à des questions élémentaires et passer des tests préliminaires, comme des tests psychométriques simplifiés. Cependant, les applications de l’intelligence artificielle dans le domaine des ressources humaines sont encore bien imparfaites.


Limites actuelles de l’intelligence artificielle 


De nombreuses recherches soutiennent l’idée que les préjugés inconscients liés à des facteurs tels que l’âge, le sexe, le statut socio-économique ou même le nom d’un candidat constituent des biais possibles dans le processus d’embauche. Même si une entreprise et ses recruteurs ont les meilleures intentions, un parti pris inconscient peut se glisser, donnant à certains candidats une meilleure chance pour des raisons autres que le mérite. Un autre biais pourrait par exemple être basé sur le fait que le recruteur perçoit favorablement l'expérience de travail dans une entreprise reconnue ou prestigieuse, telle que Apple.