Les gens aux meilleures fonctions exécutives font-ils de meilleurs décideurs ?

Dans notre quotidien, une multitude de nos gestes et de nos décisions nécessitent de recourir à nos fonctions exécutives. À vrai dire, chacune de nos actions — comment nous organisons notre environnement de travail, la manière dont nous contrôlons nos émotions, la planification de nos tâches et de notre journée — sollicite une des facettes de notre fonctionnement cognitif.



L’autorégulation est un aspect important de ces fonctions exécutives. « La définition de la fonction exécutive comprend généralement le concept de contrôle de l’attention, de flexibilité mentale, de comportement orienté vers un objectif et de capacité à anticiper les conséquences de son propre comportement », selon Drigas et collab. (2019).

Résolution de problèmes et maîtrise de soi

Dans l’accomplissement de nos tâches quotidiennes, nous sommes amenés à résoudre une multitude de problèmes. Certaines des solutions à ces problèmes sont devenues des automatismes : nous ne réfléchissons plus à la manière dont il faut préparer le café, répondre à un courriel ou planifier un trajet pour se rendre à la garderie chercher les enfants. Bien que nos fonctions exécutives soient sollicitées, nous sommes en terrain connu.

À l’inverse, lorsque nous sommes confrontés à un nouveau problème, notre cerveau s’active et met en branle une série de tâches cognitives et de mécanismes de contrôle de nos émotions afin de résoudre le problème.

Toujours selon Drigas et collab. (2019), il existe une relation bidirectionnelle entre les capacités de fonctionnement exécutif et les compétences en résolution de problèmes, car elles sont toutes deux basées sur la maîtrise de soi.

Le contrôle attentionnel et la régulation émotionnelle : deux processus clés

Anderson (2002) conceptualise les fonctions exécutives comme un système intégré de supervision ou de contrôle, composé de plusieurs systèmes liés aux processus de réflexion. Plus précisément, les processus de contrôle attentionnel incluent la capacité de recevoir sélectivement des stimuli spécifiques et d’inhiber les réponses prépondérantes à ceux-ci, ainsi que la capacité de concentrer son attention pendant une période prolongée.

L’acquisition de ce contrôle attentionnel implique chez l’individu une régulation et un suivi des actions afin qu’il puisse accomplir des tâches, éviter les erreurs de procédure et réagir de manière appropriée.

Ce contrôle cognitif est assuré par les fonctions exécutives dites « froides », alors que les fonctions exécutives dites « chaudes » sont responsables de la régulation émotionnelle.

Les fonctions exécutives métacognitives (froides) font référence à l’inhibition de la réponse, à l’autorégulation et à la flexibilité cognitive, à la temporalité du comportement, à la conscience de soi, à la mémoire de travail, à l’abstraction et à la résolution de problèmes.

Les fonctions exécutives émotionnelles/motivationnelles (chaudes)impliquent la coordination de la cognition et de la motivation ainsi que la capacité de contrôler les émotions et le comportement.

Dans le contexte d’une prise de décision, ces deux processus sont mis en branle. En effet, quand nous faisons face à un nouveau problème et que nous devons le résoudre, nos méninges s’activent et nous devons contrôler à la fois notre attention et nos comportements.

L’avantage d’une plus grande flexibilité cognitive

La résolution de problèmes est en cela liée aux processus de conscience métacognitive, nécessaires à l’application des compétences de la fonction exécutive dans l’établissement d’objectifs en situations de prise de décision.

Par conséquent, la flexibilité cognitive globale d’un individu et sa capacité à réguler ses émotions peuvent favoriser la qualité, la quantité et la vitesse des processus de prise de décision, tels que le traitement adaptable et créatif de l’information ainsi que l’efficacité dans la définition et la hiérarchisation des objectifs.

Pour cette raison, les gestionnaires ayant un déficit de fonctions exécutives auront plus de difficultés à résoudre de nouveaux problèmes. Le manque de flexibilité cognitive face à un nouveau problème constituera certainement pour eux un enjeu de taille.

Répéter sans cesse le même comportement et espérer en obtenir un résultat différent, c’est un peu cela la démence. (film Wall Street)

Drigas, Athanasios et Karyotaki, Maria. (2019). Executive Functioning and Problem Solving: A Bidirectional Relation. International Journal of Engineering Pedagogy (iJEP). 9. 10.3991/ijep.v9i3.10186

Anderson, P. (2002). Assessment and Development of Executive Function (EF) during Childhood. Child Neuropsychology, 8(2): 71-82. https://doi.org/10.1076/chin.8.2.71.8724

Carden, J. and Cline, T. (2015). Problem solving in mathematics: the significance of visualization and related working memory”. Educational Psychology in Practice, 31(3): 235-246. https://doi.org/10.1080/02667363.2015.1051660

Passolunghi, C. M. (2001). Short-Term Memory, Work.

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