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L’ocytocine et les traits de personnalité

Dernière mise à jour : 1 sept. 2021


Nos comportements sont le résultat d’une interaction complexe entre nos gènes et plusieurs variables environnementales (éducation, mode de vie, culture). Plusieurs études récentes suggèrent que des variations génétiques dans nos systèmes hormonaux pourraient exercer une influence sur certains aspects de la personnalité humaine. C’est notamment le cas de l’ocytocine, une hormone qui joue un rôle important dans plusieurs aspects de notre sociabilité.


Ces études indiquent que l’ocytocine favorise le développement de qualités comme la confiance, la générosité, l’empathie ou encore le sacrifice de soi, tout en atténuant la réponse physiologique au stress et à l’agressivité de façon à rester calme lorsque confronté à une alarme. Il s’agit donc d’une hormone de contact humain, impliquée dans plusieurs phénomènes sociaux comme les relations des mères avec leurs petits, ou encore la solidarité ou l’altruisme à l’intérieur d’un groupe.


Les actions de l’ocytocine


L’ocytocine est un octopeptide synthétisé dans l’hypothalamus qui permet entre autres de stimuler l’émission de lait ainsi que les contractions utérines. Cette hormone se comporte dans le cerveau comme un neuropeptide. Elle pourrait inhiber, via le système GABAergique, l’activité de l’amygdale limbique, qui est impliquée dans la détection de la peur. Parallèlement, elle favorise le comportement protecteur de la mère envers ses petits, via le système dopaminergique.


Chez l’homme, on a mis en évidence l’effet de l’ocytocine sur la confiance, l’empathie, la générosité, la sexualité, le lien conjugal et social, et la réactivité à divers stress. L’administration d’ocytocine par vaporisateur nasal (Syntocinon, 24 UI) permet d’augmenter rapidement le taux de ce peptide dans le liquide céphalo-rachidien et d’observer des effets mesurables sur le comportement moins d’une heure après. L’hormone est bien tolérée et n’induit pas d’effets secondaires. Les études rapportées ont toutes comparé l’effet de l’ocytocine à un placebo, généralement lors d’une administration unique. À quelques exceptions près, aucune étude n’a étudié l’effet d’une administration prolongée (plus de trois semaines).


Rémy C. Martin-Du Pan, « L’ocytocine : hormone de l’amour, de la confiance et du lien conjugal et social », Revue médicale suisse, 2012, volume 8, p. 627-630.


Autisme et dépression


Des études cliniques commencent à tester l’effet bénéfique possible de l’ocytocine dans des cas d’autisme, de phobie sociale et de dépression. Toutefois, les résultats sont encore préliminaires.

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