L’entrevue et les biais de perception de l’individu

Mis à jour : 21 sept. 2019

L’étape de l’entrevue est souvent considérée comme cruciale dans le processus d’embauche traditionnel. Bien que la possibilité d’évaluer une personne en la rencontrant puisse être précieuse, l’évolution des pratiques en matière de ressources humaines remet en question la validité de ce type de sélection.


Le potentiel d’erreur humaine est en effet non négligeable. Nous aimons certes penser que nous avons un « instinct » bien aiguisé, mais nos propres jugements peuvent ne pas être toujours fiables.

Cela ne veut pas dire que les recruteurs sont intentionnellement biaisés, mais plutôt que la partialité est un trait caractéristique de l’humain, puisque ce dernier est soumis à l’influence de plusieurs biais.


Biais de confirmation


Le biais de confirmation se définit comme « la tendance à interpréter de nouvelles preuves comme la confirmation d’une croyance ou de théories existantes ». Il décrit toutes ces situations où les gens créent une hypothèse dans leur esprit et cherchent des moyens de la confirmer. Il s’agit en somme de la tendance innée à rechercher la preuve de croyances que nous possédons déjà.

Par exemple, lorsque avant une entrevue un recruteur se fait une opinion à propos d’un candidat sur la base d’une information isolée, comme le nom du collège qu’a fréquenté celui-ci, il succombe au biais de confirmation. Une étude de l’Université de Toledo a révélé que le résultat d’une entrevue pouvait être prédit par des jugements portés dans les 10 premières secondes du dialogue. En d’autres mots, les recruteurs peuvent inconsciemment poser des jugements instantanés sur un candidat et passer le reste de l’entrevue à chercher de nouvelles informations pour confirmer cette impression, plutôt qu’à évaluer objectivement la personne devant eux.


Or, les candidats à l’embauche ne devraient pas se présenter à une entrevue avec la crainte d’être perçus comme moins compétents que d’autres en raison d’hypothèses que chercherait à confirmer le recruteur. Les organisations compromettent leurs chances d’embaucher les meilleurs candidats lorsqu’elles ne prennent pas en compte la part de partialité que comporte toute entrevue.