Intelligence fluide et cristallisée, bien comprendre les différences


Aujourd’hui, les technologies d’imagerie cérébrale nous permettent de mieux comprendre le cerveau. À partir d’images du cerveau, nous sommes donc à même de comprendre que, lors d’un processus de raisonnement ou de réflexion, notre cerveau s’active et génère une transmission électrique, ce que nous pouvons appeler la « cognition fluide ».


Le fonctionnement cognitif fluide peut être considéré comme un traitement cognitif polyvalent de l’information qui n’est pas nécessairement associé à un domaine de contenu spécifique, comme la connaissance du vocabulaire ou des règles de grammaire, ou encore les équations mathématiques. Il implique le maintien actif dans la mémoire de travail d’informations, qu’elles soient verbales ou visuelles-spatiales, à des fins de planification et d’exécution d’un comportement orienté vers un objectif (Baddeley, 1986; Kane et Engle, 2002).

En conséquence, le fonctionnement fluide implique l’inhibition d’informations non pertinentes, concurrentes ou acquises au préalable, susceptibles d’interférer avec le maintien des informations et l’exécution de la réponse, ainsi que le déplacement et le maintien alternatifs de l’attention pour l’organisation et l’exécution d’étapes ou d’actions séquentielles.


Ce processus de raisonnement est ce que l’on appelle « l’intelligence fluide ». Dès sa naissance, un nourrisson possède déjà en partie cette forme d’intelligence. Le fonctionnement cognitif fluide se distingue à cet égard du fonctionnement cognitif associé à des connaissances acquises antérieurement et disponibles dans notre mémoire à long terme, ce qu’on appelle « l’intelligence cristallisée » (gC).


Il est important, cependant, de ne pas surestimer la distinction entre les processus fluides et d’autres aspects de la cognition, de même que l’unité globale des processus qui caractérisent le fonctionnement fluide. Les fonctions fluides jouent un certain rôle dans le codage et la récupération des connaissances cristallisées dans la mémoire à long terme (Braver et collab., 2001; Ranganath et collab., 2003)


Dans quelle mesure la cognition fluide et l’intelligence générale sont-elles similaires ?


Dans l’accomplissement de tâches complexes, le déplacement de l’attention et les processus de résolution des interférences sont importants. Ces aspects de la cognition fluide peuvent être distingués (Miyake et collab., 2000) et associés dans une certaine mesure à des modèles distincts d’activation cérébrale observés à l’aide de techniques d’imagerie cérébrale (Smith et Jonides, 1997; Sylvester et collab., 2003).


En tant qu’entité unitaire, cependant, la fonction fluide a été décrite dans la littérature psychologique sous une variété de termes, tels que « fonction exécutive », « attention exécutive », « auto-régulation » et « capacité de mémoire de travail ».


En tant que praticien, que faut-il retenir ?

  • Le fonctionnement fluide de l’intelligence est la base de l’intelligence.

  • Les connaissances acquises au fil du temps constituent notre intelligence cristallisée.

  • L’intelligence cristallisée est plus influencée par les aspects environnementaux et sociaux, et elle se développe tout au cours de notre vie.

  • L’intelligence fluide se mesure par le raisonnement non verbal (matrices et raisonnement spatial).

  • L’intelligence cristallisée se mesure par la connaissance de la langue, le vocabulaire, la culture et le raisonnement mathématique.

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