Notre culture influence-t-elle même notre conception de l’intelligence ?

Dans un monde où des personnes de différentes cultures émigrent et souhaitent intégrer le marché du travail en soumettant leur candidature à des processus de sélection, nous devons nous poser deux questions fondamentales :


· Est-ce que notre culture influence notre conception de l’intelligence ?


· Nos tests de QI sont-ils biaisés culturellement ?



Voici une brève synthèse des différences culturelles dans la conception de l’intelligence, mises en évidence par Cocodia en 2014.


La conception occidentale


Durant tout le 20e siècle, les activités pratiquées en Occident ont été plus technologiques que celles des autres cultures. En 2022, il serait pertinent de reconnaître qu’avec les avancées technologiques des 20 dernières années et une mondialisation croissante des technologies, cet énoncé pourrait toutefois se révéler bientôt erroné.


En raison de cet environnement technologique, la notion d’intelligence en contexte occidental inclut des compétences et des capacités pratiques. Elle a également une dimension « bureaucratique », ce qui exige des compétences et des stratégies cognitives telles que la compréhension des relations entre les concepts et la pensée abstraite.


Tout cela porte à croire qu’en raison des complexités de la société occidentale, l’intelligence est de nature adaptative. Les individus sont forcés d’utiliser les compétences utiles à la vie quotidienne, telles que l’inférence, le raisonnement abstrait, la résolution de problèmes, le transfert de problèmes et la prise de décision.



La conception africaine


En dépit de la perception populaire qui croit l’Afrique dotée d’une structure culturelle commune, ce continent est composé de milliers de groupes ethniques et de cultures différentes.


Bien qu’il existe une grande variété de langues, de types d’alimentation, de croyances et de modèles d’organisation sociale, il semble y avoir des similitudes fondamentales dans leurs conceptions de l’intelligence.




Par exemple, dans un grand nombre de pays africains, la relation au temps est très différente de celle d’un Nord-Américain, le temps n’étant pas une contrainte ou une exigence fondamentale à la réussite sociale et économique.



La conception orientale


Dans les traditions orientales, l’intelligence comprend des comportements tels que la détermination, l’effort mental, la compréhension, la connaissance, la discrimination, l’observation, la reconnaissance et la prise de décision.


Le bouddhisme décrit l’intelligence comme l’aptitude à acquérir une connaissance vraie et pure du monde. L’hypothèse est que cette connaissance est acquise par les cinq sens et les cinq organes moteurs. Ainsi, la perception et la motricité seraient nécessaires à l’acquisition de connaissances, ce qui est assez similaire à la conception occidentale de l’intelligence.


Par ailleurs, dans la philosophie bouddhiste, l’intelligence dans sa forme la plus pure n’est pas de nature égoïste et dépend du tempérament. Un mauvais tempérament est en effet perçu comme une entrave à la capacité d’assimiler des connaissances.


Selon le confucianisme, une personne intelligente passe sa vie à construire son caractère afin de pouvoir agir selon ce qui est juste. Elle consacre également beaucoup de temps et d’efforts à l’acquisition de connaissances et prend plaisir à apprendre tout au long de sa vie. La personne intelligente met en pratique ce qu’elle apprend par le biais d'un processus d’autoculture.


Un individu est perçu comme intelligent lorsqu’il est capable d’entretenir des relations sociales. La culture confucéenne encourage les comportements sociaux appropriés tels que la politesse, la franchise, la discipline, le respect de soi et le vocabulaire approprié selon les circonstances.


Les traditions orientales montrent ainsi que la conception de l’intelligence est intimement liée à la culture. De façon générale, cette conception décrit le même mélange d’intelligence sociale et de capacité à résoudre des problèmes que dans la vision occidentale de l’intelligence.




Conclusions


Les conceptions occidentale, africaine et orientale de l’intelligence examinées ci-dessus suggèrent que des similitudes existent entre les groupes culturels.


Ces derniers considèrent tous que les compétences et les capacités cognitives sont des descripteurs importants d’une personne intelligente.


Les trois conceptions mettent l’accent sur la connaissance comme produit de l'intelligence. Elles décrivent également les compétences sociales comme caractéristiques d’une personne intelligente. Dans les trois traditions, les compétences interpersonnelles, les attributs sociaux et les relations sociales sont censés être maintenus avec succès.


Enfin, la prise de décision, la précision verbale, les aptitudes à la résolution de problèmes, les aptitudes perceptives et l’inférence sont toutes des caractéristiques importantes de l’intelligence au sein de ces cultures.



Lire la suite dans notre prochain billet : Les tests de QI sont-ils culturellement biaisés ?

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