La COVID-19 – Un vecteur de changement dans le monde du télétravail

Cet automne, plusieurs articles de ce blogue examineront l’impact de la pandémie actuelle sur le télétravail, du point de vue des besoins psychologiques, de la satisfaction au travail et des limites imposées dans la vie quotidienne.


La valeur du temps gagné

Bien que le passage généralisé au travail à distance ne se soit pas fait sans défis, il offre une lueur d’espoir : pour beaucoup d'entre nous, le trajet pour se rendre au bureau est devenu chose du passé.

Rampell (2011) a confirmé que le temps de déplacement moyen pour aller travailler est de 38 min dans chaque direction.

Aux États-Unis seulement, l'élimination des déplacements quotidiens a permis aux travailleurs d'économiser environ 89 millions d'heures par semaine, ce qui équivaut à un gain de temps de plus de 44,5 millions de jours de travail complets, par mois, depuis le début de la pandémie! (Voir la note ci-dessous pour le détail du calcul.)

Ces chiffres suggèrent que le travail à distance pourrait être providentiel pour récupérer l'une de nos ressources les plus précieuses et les plus limitées : le temps.

Avant la pandémie, les employés appréciaient déjà la possibilité de travailler à distance. Une étude de 2017 du Harvard Business Review a même révélé que le travailleur moyen était prêt à accepter une réduction de salaire de 8 % en échange de la possibilité de travailler à domicile. Cela indique que les travailleurs attribuent une valeur financière à la flexibilité offerte par une politique de télétravail.

Cependant, d'après notre expérience, les gestionnaires s'inquiètent souvent du fait que les employés à distance travaillent moins, ou travaillent en mode multitâche, mêlant responsabilités personnelles et travail. Ils craignent également que le fait de permettre aux employés de travailler de n'importe où puisse diminuer la communication et la collaboration entre collègues et limiter l'apprentissage informel qui se produit généralement au bureau.

Tout juste avant la pandémie, Mark Zuckerberg avait révélé ses projets concernant l'avenir du travail à distance chez Facebook. « D'ici 2030, a-t-il promis, au moins la moitié des 50 000 employés de Facebook travailleront à domicile. »

Dans les circonstances actuelles, ce changement s’est imposé plus rapidement et un grand nombre d’entreprises devront revoir, lors d’un éventuel retour à la normale, leur politique de télétravail.

Temps de déplacement et satisfaction au travail

Des recherches antérieures suggèrent que plus les gens font la navette longtemps, plus leur satisfaction au travail est faible et plus la probabilité qu’ils quittent leur emploi est élevée (Chen, Ployhart, Thomas, Anderson et Bliese, 2011), ce qui affecte le taux de roulement du personnel.

Cette satisfaction se définit comme « l’étendue de la réponse émotionnelle positive qu’a un travailleur relativement à son emploi et qui résulte de l'évaluation qu’il fait de cet emploi comme étant satisfaisant ou conforme à ses valeurs » (Morris et Venkatesh, 2010).

Dans une enquête menée auprès de plus de 26 000 employés étudiés longitudinalement sur cinq ans, ceux ayant effectué des trajets plus longs ont déclaré une satisfaction professionnelle inférieure (Chatterjee, Clark et Martin, Davis, 2017).

Une autre enquête menée en 2015 auprès de plus de 22 000 employés a montré qu'en réponse à la question : « Qu’est-ce qui vous ferait quitter votre organisation actuelle pour un nouvel emploi ? », environ la moitié de tous les participants ont répondu : « un trajet plus facile pour se rendre au travail » (Zhang et Feinzig, 2016).

Il sera intéressant de voir ce que les études actuelles, en contexte de pandémie, révéleront sur la satisfaction au travail en l’absence de déplacement pour se rendre au bureau.

Travailler à domicile ou vivre au travail ?

Sans bureau où se rendre, la séparation entre le travail et la maison devient difficile à établir. Bien que les recherches montrent que les gens considèrent leurs déplacements comme l'un des moments les plus stressants et indésirables de la journée, le fait de ne pas se déplacer du tout cause également des problèmes.

Les impacts négatifs de cette nouvelle réalité résulteront de la difficulté de gérer travail et vie familiale dans un même lieu, d’apprendre à limiter ses heures de travail, de ne plus socialiser comme on le faisait au bureau, etc.

Dans un prochain article, nous examinerons la problématique liée à l’établissement d’une frontière entre le travail et la vie personnelle dans un contexte de télétravail.

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