L'intelligence est-elle héréditaire?

Dernière mise à jour : 9 févr.


Quand on mesure l’intelligence, on se questionne souvent sur sa source. L’intelligence est-elle héréditaire, ou dépend-elle de l’environnement de chaque individu ?



Si nous prenons un enfant à la naissance et que nous le transposons dans deux environnements complètement distincts en termes de ressources, de stimulation et de soutien, est-ce que cela aura une incidence directe sur son degré d’intelligence et sur son développement ?


La très grande majorité d’entre nous répondront oui à cette question. De fait, de nombreuses études confirment que son environnement influence le développement cognitif d’un enfant.


Cependant, quelle part de notre intelligence provient de nos parents, est proprement héréditaire ?


Une étude publiée en 2011 par Davies, Tenessa et al. démontre qu’une grande part de l’héritabilité de l’intelligence, telle que celle-ci se manifeste à l’âge adulte moyen et avancé, peut être attribuée à la variation biologique en utilisant les données relatives aux polymorphismes nucléotidiques simples (SNP).


Rappelons que l’intelligence générale est un trait humain « mesurable » qui explique une grande partie de la variation des diverses capacités cognitives entre individus.


Les différences individuelles en matière d’intelligence sont fortement associées à de nombreux facteurs importants dans la vie, y compris le niveau d’éducation et les résultats professionnels, les revenus, la santé et la durée de vie.


Dans la recherche scientifique sur le sujet, les données provenant d’études sur les jumeaux et les familles sont cohérentes avec une héritabilité élevée de l’intelligence, mais cette inférence a été mise en doute au cours des deux dernières décennies dans différentes études.


Dans une de ces études, les auteurs ont réalisé une analyse pangénomique de 3511 adultes non apparentés, à partir de données sur 549 692 polymorphismes nucléotidiques simples (SNP) et des phénotypes cognitifs détaillés de ces individus.


Dans leurs conclusions, ces chercheurs estiment que 40 % de la variation de l’intelligence de type cristallisé et 51 % de la variation de l’intelligence de type fluide entre les individus s’expliquent par le déséquilibre de liaison entre les marqueurs SNP communs génotypés et les variantes causales inconnues.


De plus, après avoir réparti la variation génétique sur les chromosomes individuels, ils ont constaté qu’en moyenne, les chromosomes les plus longs expliquent davantage les variations.


Enfin, en utilisant uniquement les données SNP, ils ont prédit 51 % de la variance des phénotypes cognitifs cristallisés et fluides dans un échantillon indépendant (P= 0,009 et 0,028, respectivement).


Leurs résultats confirment sans équivoque qu’une proportion substantielle des différences individuelles dans l’intelligence humaine est due à la variation génétique.


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