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Devrait-on pratiquer le yoga dans nos écoles ?


Ce texte présente un résumé de deux études publiées sur la relation entre le yoga et les fonctions exécutives.


C’est avec grand intérêt que je suis activement ce champ de recherche depuis des années, car nos sociétés cherchent sans cesse de nouveaux moyens d’aider les élèves qui ont des difficultés d’apprentissage ou d’attention. L’ajout de ressources semble toujours une solution adéquate, mais elle se bute aux contraintes budgétaires des établissements scolaires. Le coût minime associé à la pratique du yoga en complément des pratiques actuelles pourrait constituer un avantage intéressant dans nos efforts pour aider ces enfants à l’école.


Plusieurs chercheurs pensent en effet que la mise en place de programmes de yoga dans le cursus scolaire pourrait aider les enfants à accroître leurs fonctions exécutives. D’autres textes publiés sur notre site Web, et que nous vous invitons à lire, tendent aussi à démontrer que la pratique du yoga peut avoir un effet favorable sur la santé cognitive et du même coup sur l’apprentissage.



Le yoga au service du développement


Les fonctions exécutives, l’attention et la mémoire sont des indicateurs importants de la santé cognitive des enfants. Des études préliminaires ont montré que le yoga améliore les mesures de l’attention et de la cognition.


Soulignons que le yoga est un type de mise en forme du corps et de l’esprit qui propose une combinaison d’activités musculaires et d’exercices de concentration intérieure favorisant la conscience de soi, la respiration et l’énergie. Il vise un développement holistique de la personne qui prend en compte la croissance sur les plans physique, mental et spirituel.


L’avantage du yoga est que ses bienfaits sont accessibles aux élèves de tous les groupes d'âge scolaire. Les études permettent de croire qu’une approche intégrée du yoga serait favorable au développement de la mémoire, de l’attention et des fonctions exécutives ainsi qu’à l’accroissement de la vitesse de traitement cognitif.


Des mécanismes qui semblent sollicités dans la pratique du yoga, découlant des exercices de respiration, des postures et de la méditation, commencent à être mieux compris par la science. Leur implication dans le processus d’autorégulation est d’ailleurs maintenant étudiée par des groupes de recherche.


Pour toutes ces raisons, nous considérons que la pratique du yoga serait une activité bénéfique à proposer aux enfants d’âge préscolaire, à condition d’être adaptée aux capacités développementales de cette population et à l’environnement scolaire.



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Qu’en dit la recherche scientifique ?


Voici les conclusions de deux études récentes qui confirment l’effet positif de la pratique du yoga.


Une étude publiée par Vhavle et ses collaborateurs en 2019 démontre les bienfaits de la pratique du yoga à un jeune âge. Ses résultats portent à croire que le yoga pratiqué par des élèves améliore leurs fonctions exécutives, leur attention et leur mémoire de travail aussi efficacement que l’exercice physique chez les adolescents scolarisés.


Dans cet essai prospectif contrôlé et aléatoire, environ 802 élèves de dix écoles situées dans quatre districts ont été répartis au hasard en deux groupes : un a été soumis à un entraînement quotidien de yoga de une heure (n = 411) et l’autre a pratiqué une activité physique sur une base régulière pendant deux mois (n = 391).


Les fonctions exécutives, l’attention et la mémoire ont été étudiées à l’aide du Trail Making Test (TMT). Certains élèves pratiquant le yoga (n = 377) et d’autres pratiquant une activité physique (n = 371) ont fourni des données pour les analyses. Ces dernières ont été analysées selon l’approche de l’intention de traiter en utilisant le test t de Student.


Les résultats de l’étude indiquent qu’il y a eu une augmentation importante des valeurs TMT numériques (TMTN) dans les groupes de yoga (t = -2,17; P < 0,03) et d’activité physique (t = -3,37; P < 0,001) après la période d’intervention. Cependant, il n’y a pas eu de changement notable dans le TMTN entre les groupes de yoga et d’activité physique (t = 0,44; P = 0,66).

D’autre part, il y a eu une augmentation importante des valeurs TMT alphabétiques (TMTA) dans le groupe de yoga (t = 6,21; P < 0,00), mais pas dans le groupe d’activité physique (t = 1,19; P < 0,234) après la période d’intervention.


Cependant, il y a eu un changement notable dans le TMTA entre les groupes de yoga et d’activité physique (t = 3,46; P = 0,001).




Une autre étude intéressante


Une autre étude menée par Purohit et Pradhan en 2017, avait pour objectif d’évaluer l’effet du programme de yoga sur les fonctions exécutives d’adolescents orphelins. Soixante-douze adolescents orphelins apparemment en bonne santé ont été répartis au hasard en deux groupes : le groupe Yoga (n = 40; 14 filles, âge = 12,69 ± 1,35 ans) et le groupe Contrôle (n = 32, 13 filles, âge = 12,58 ± 1,52 ans).


Le groupe Yoga a suivi un programme de yoga pendant trois mois à raison de 90 minutes par jour, quatre jours par semaine, tandis que le groupe Contrôle a poursuivi ses activités habituelles. Après ces trois mois, le groupe Contrôle a aussi eu droit au programme de yoga pour une période de trois mois.


Au début et à la fin du programme, les participants ont été évalués à l’aide des tests suivants : Stroop Color-Word, Digit Symbol Substitution Test (DSST), Digits Span Test et Trail Making Test (TMT). Le test post-hoc avec ajustement de Bonferroni a montré des améliorations notables (p < 0,001) dans le groupe Yoga pour tous les scores aux tests, tandis que le score erroné du DSST n’a pas montré de réduction importante. De même, après la pratique de trois mois de yoga, le groupe Contrôle a montré une amélioration intéressante (p < 0,05) du score au test de Stroop, du score net du DSST et du score relatif du DSST à l’espace numérique avant et à l’espace numérique total.

En somme, le programme de yoga de trois mois s’est avéré bénéfique aux jeunes adolescents orphelins puisqu’il a amélioré leurs fonctions exécutives.



Pour lire d’autres textes sur la pratique du yoga et ses effets positifs, voici deux liens menant à des publications antérieures sur notre site Web :





Sources :


Vhavle SP, Rao RM, Manjunath NK. Comparison of Yoga versus Physical Exercise on Executive Function, Attention, and Working Memory in Adolescent Schoolchildren: A Randomized Controlled Trial. Int J Yoga. 2019 May-Aug;12(2):172-173. doi: 10.4103/ijoy.IJOY_61_18. PMID: 31143027; PMCID: PMC6521753.


Satya Prakash Purohit, Balaram Pradhan, Effect of yoga program on executive functions of adolescents dwelling in an orphan home: A randomized controlled study, Journal of Traditional and Complementary Medicine, Volume 7, Issue 1, 2017, Pages 99-105, ISSN 2225-4110,https://doi.org/10.1016/j.jtcme.2016.03.001

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