Êtes-vous susceptible de souffrir du trouble affectif saisonnier cet automne ?



Le trouble affectif saisonnier, ou TAS, n’est pas considéré comme une pathologie spécifique de l’humeur. Il s’agit plutôt d’un type de dépression majeure récurrente avec un schéma saisonnier.


Selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5), les critères de la dépression saisonnière incluent une dépression qui commence et se termine au cours d’une saison spécifique de l’année, et qui se répète sur une période de deux ans. Les désordres saisonniers surviennent le plus souvent en hiver, mais ils peuvent également se manifester en été, bien que plus rarement.


Le rôle de la sérotonine et de la mélatonine


Les personnes atteintes du TAS ont de la difficulté à réguler le neurotransmetteur qu’est la sérotonine, responsable de l’équilibre de l’humeur.


Selon une étude publiée par McMahon en 2014, ces personnes avaient un niveau 5 % plus élevé de SERT, une protéine qui aide au transport de la sérotonine, pendant les mois d’hiver qu’en été.


Le SERT transporte la sérotonine de la fente synaptique au neurone présynaptique, de sorte que des niveaux de SERT plus élevés entraînent une diminution de l’activité de la sérotonine, provoquant ainsi une dépression.


Tout au long de l’été, la lumière du soleil maintient généralement les niveaux de SERT naturellement bas. Mais à mesure que la lumière du soleil diminue à l’automne, une diminution correspondante de l’activité de la sérotonine se produit également.


Les personnes atteintes du TAS peuvent également présenter une surproduction de mélatonine. Produite par la glande pinéale, la mélatonine est une hormone qui réagit à l’obscurité en provoquant la somnolence. À mesure que les jours d’hiver s’assombrissent, la production de mélatonine augmente et, conséquemment, les personnes atteintes du TAS se sentent somnolentes et léthargiques. Bien que la mélatonine joue probablement un rôle dans l’ampleur des symptômes du TAS, elle ne peut à elle seule expliquer le phénomène.


Une perturbation du rythme circadien


C’est plutôt la combinaison d’une diminution de la sérotonine et d’une augmentation de la mélatonine qui a un impact sur le rythme circadien. Cette « horloge biologique » du corps est synchronisée pour répondre aux changements rythmiques induits par le passage de la lumière à l’obscurité, qui se produisent quotidiennement et tout au long de chacune des saisons.


Pour les personnes atteintes du TAS, le signal qui indique à cette horloge interne un changement saisonnier de la durée du jour est chronométré différemment, ce qui rend plus difficile l’ajustement de leur corps.


La vitamine D… la solution ?


Une revue systématique et une méta-analyse menées par Hollick ont conclu que de faibles niveaux de vitamine D, synthétisée par le corps lors de l’exposition au soleil, sont associés à la dépression et au TAS. Pendant les mois d’hiver, de novembre à février, ceux qui vivent dans l’hémisphère Nord et qui sont donc exposés moins longtemps à la lumière, sont plus susceptibles d’être affectés par le TAS en raison d’une déficience en vitamine D.


Des suppléments de vitamine D et une lumière accrue de façon artificielle pourraient ainsi les aider à s’affranchir des troubles de l’humeur associés à l’hiver.



McMahon B., Andersen S., Madsen M., et al. P.1.i.037 Patients with seasonal affective disorder show seasonal fluctuations in their cerebral serotonin transporter binding. European Neuropsychopharmacology. 2014;24(supplement 2):p. S319. doi: 10.1016/s0924-977x(14)70506-1


Holick M. F. Vitamin D deficiency. The New England Journal of Medicine. 2007;357(3):266–281. doi: 10.1056/nejmra070553.



62 vues0 commentaire